Geographie
Contexte geographique de la Reunion
28-02-2008

 

Contexte geographique de La Reunion La Réunion est une île montagneuse tropicale culminant à 3069 mètre. Avec une forme en ellipse, sa superficie atteint 2 512 km2.

Ses coordonnées en son centre sont de 21°06’ de latitude Sud et 55°32’ de longitude Est. Non loin de là, à 700 Km à l’Ouest se trouve Madagascar, et à 180 Km au nord-est l’île Maurice. L'île de La Réunion forme avec l'île Maurice, l'île Rodrigues et quelques îlots mauriciens l'archipel des Mascareignes du nom du navigateur portugais Pedro Mascarenhas qui les explora. Toutes les îles de l'archipel des Mascareignes appartiennent à la république de Maurice, sauf l'île de La Réunion qui constitue un département français d'outre-mer (DOM).

Les récifs coralliens de l’île sont très localisés et couvrent en partie la côte Ouest. La profondeur des eaux est rapidement importante, pouvant atteindre les -100 mètres à seulement une trentaine de mettre des côtes. Le record appartient au large Saint Denis, avec des fonds allant jusqu’à -1 100 mètres.

La formation de l’île est liée à une grande activité volcanique. Il y a 5 millions d’années, la lave sortit de la croûte océanique. C’est en plusieurs coulées réparties sur 2 millions d’années que le volcan émerge de l’océan. Si on mesure depuis le fond de l’océan, l’île est en réalité un volcan de 7 000 mètres de haut, sur une base de 200 Km.

La Réunion est entièrement constituée de roche volcanique. Son relief si particulièrement aiguisé par les innombrables ravines (plus de 700) est lié quant à lui au ruissellement des pluies et l’instabilité des talus rocheux qui favorisent le phénomène d’érosion.

L’île est formée de deux volcans, dont un est toujours en activité régulière. Le massif du Piton des Neiges (point culminant de l’île : 3 069 mètres) occupe près des deux tiers Nord-Ouest de l’île. Son sommet se sépare en trois grandes excavations profondes de plus de 1 000 mètres. Ce sont les cirques de Mafate, Cilaos et Salazie.

Le Piton de la Fournaise (2 631 mètres) occupe quant à lui le tiers Sud de l’île. Il fait le bonheur des touristes mais aussi des locaux lors de ses coulées de lave relativement fréquentes. De même, son paysage volcanique, si particulier nous projette dans un monde bien différent du reste de l’île.

 
Eruption du grand brule de 1859
28-02-2008

 

Eruption du Grand Brule de 1859 Ceci est la retranscription d'un article de presse du journal Le monde illustré du 15 janvier 1859 relatant l'éruption du Grand Brûlé de 1859.

Eruption d'un volcan à l'île Bourbon

Il y a, dans l'océan indien, une île heureuse entre toutes les îles; Le premier qui l'habita fût peut-être, le père d'Adam. Une campagne merveilleuse, des vallons arcadiens, des sources d'eau à la glace, des velours de gazon, des perspectives qui donnent la joie aux yeux, des horizons de mer incomparable, un ciel d'une clémence divine, une végétation de parasols sublimes, une température flanelle; La vie partout et point de fièvres endémiques, point d'inscete venimeux, de reptiles cachés sous l'herbe, de pestes cachées sous les fleurs, de bêtes fauves cachées dans les bois. Telle est l'île adorable connue sous le nom d'île Bourbon, et qui n'a peut-être d'égale au monde Pulo Pinang, où flotte l'étendard anglais...

La nature avait mis donc toutes ses complaisances sur cette île, et ses habitants avaient le légitime orgueil, et les pèlerins de l'océan indien disaient, en l'apercevant à l'horizon :"Voilà une île trop évidement heureuse; c'est humiliant pour les autres îles de l'univers; Il n'est pas permi de jouir d'un pareil bonheur sur cette terre de larmes. Les nègres même ne s'y révoltent pas, et n'ont jamais tenté le mondre effort pour se faire blanchir par M.Isambert !"

Est-ce la comète de Donati qui a troublé le bonheur séculaire de l'île Bourbon, ou une autre cause mystérieuse ? C'est, ce que l'ignorance humaine, appelée science, ne peut expliquer. Un des monts volcanique qui forment le noyau de cette île heureuse, a tout à coup pris des grands airs de Vésuve et a lancé sur cet eden une incroyable profusion de laves de scories, de pierres ponce, de cendres et de mâchefer ! Jugez de la surprise de ces fortunés insulaires, endormis sur des roses ! Ils se sont tous écriés que la montagne n'avait pas le droit de se faire volcan, et on invoquait la prescription.

Cris impuissants ! La montagne a continué son oeuvre et versé de nouveaux torrents de lave sur les plaignants de l'eden.

Au fait, la montagne était rigoureusement dans son droit; On lui a donné ce nom, le "Grand-Brulé". Donc, il y avait dans ce nom, que la montagne ne s'était pas donné, un avertissement traditionnel. Son panache de fumée était d'aileurs un indice permanent qui parlait à tous les yeux.

La meilleure de toutes les accusations lancées contre la montagne est celle-ci : Une montagne qui veut s'élever ou se replacer à la dignité de volcan, avertit toujours les voisins une semaine avant l'éruption par quelques petites oscillations du sol. Elle crie " Gare !" les voisins ont alors le temps de s'éloigner, de se mettre en lieu sûr.

Ce reproche est assez spécieux, et il s'est trouvé fortement appuyé par une citation du beau livre du savant M. A.Snider, sur la création : "les éruptions des volcans n'arrivent jamais sans qu'auparavant, elles soient anoncées par des bruits souterrains et des tremblements de terre". Jusqu'à ce jour, l'assertion de M. A.Snider est incontestable. Ainsi, lorsqu'en 1779, le Vésuve joua le rôle du "Grand Brûlé" de l'île Bourbon, il donna de longs avertissements aux voisins par les voies souterraines d'Ottayano et de la Somma, et par des convulsions épouvantables qui coururent de Pausilippe au cap Misène. Aussi, il n'y eut de victimes que parmi les curieux obstinés, les naturalistes, les prisonniers et les académiciens. L'amiral Pline courut pour examiner le phénomène de près, avec son neveu. Pline périt par sa faute; Le Vésuve n'avait pas tort; Il avait averti. Depuis 1779, tous les volcans se servent du même procédé; Ils avertissent et font trois sommations et trois roulements. Si vous restez sur place, tant pis pour vous ! Le volcan fait feu.

Le Piton de la Fournaise a voulu se singulariser; C'est le défaut de notre époque; Chacun vise à l'originalité aujourd'hui. Un beau matin, les heureux colons de ces vallées divines, où les arbres s'élèvent si haut pour parler à l'océan, les colons de ce paradis se sont réveillés, après une nuit douce, et ils ont vu une montagne innocente lancer feu et flammes contre le ciel; Ils ont cru que le volcan "Mara-api, colère du feu" était venu de Java sur les ailes de la mousson, et qu'il s'était incrusté parmi les roches de la rive, au milieu de la nuit, sans vouloir réveiller les voisins par des tremblements de terre qui n'appartenaient qu'aux siècles de barbarie et que n'admet plus notre civilisation.

L'opinion des insulaires les plus éloignés n'a pas été aussi favorable au jeune volcan. Ils soutiennent toujours que le Grand Brûlé devait rester Grand Brûlé jusqu'à la fin du monde, qu'il avait violé comme charbon éteint et comme volcan, toutes les règles de la physique et qu'ils porteront leur plainte à l'académie des sciences de Paris.

Si j'avais l'honneur d'être savant, j'oserai hasarder un paradoxe : J'oserai dire que la terre doit se réjouir lorsqu'une montagne se change en volcan, même en violant les lois de la physique. Si cet immense travail de digestion, que fait notre planète dans ses cavités profondes, ne trouvait plus d'exutoires à la surface, il nous arriverait malheur bientôt, à nous qui rampons comme des atomes sur ce grain de sable de l'infini. laissons respirer la terre; laissons lui ouvrir ses cheminées qui fument. Déjà une convulsion géologique a boulversé l'équilibre de notre planète, a incliné son axe et produit ainsi l'inégalité des saisons. Si tous les volcans s'étaignaient et si les abimes de feu qu'elle emporte dans ses entrailles, avec son lest de granit et de minéraux, en trouvaient plus 'évaporation à la surface, un nouveau cataclysme éclaterait par cette violente compression des forces intérieures, et cette fois, au lieu des quatre saisons, nous subirions la chance d'en avoir une seule, l'hiver des lapons.

Quant à l'île Bourbon, mon île chérie, l'île de mon enfance, elle est toujours la plus heureuse des îles, malgré la résurrection du Grand-brulé; Un volcan ne peut pas même porter atteinte au bonheur séculaire qi environne ce paradis de l'océan indien. Ce volcan arrive comme une exception en géologie ; il n'est pas accompagné de tremblements de terre : La convulsion qui fait frissonner la plante de nos pieds, en ébranlant nos cerveaux, est le plus formidable des phénomènes. Elle trouble les nuits et change les poutres de nos alcôves en épées de Damoclès; mais un volcan qui s'écarte de la routine

et ne s'entoure d'aucune terreur électrique est un voisin charmant, un artificier économique, un Ruggieri de la nature, un artiste de flammes qui prend la mer pour un miroir, les cieux pour frise, les montagnes pour amphithéâtre, un peuple entier pour spectateur, et exécute d'admirables exercices de pyrotechnie, dont personne ne paye les frais. Heureuse, l'île Bourbon; Il ne lui manquait qu'un volcan civilisé en plein éruption ! Elle possède tout maintenant.
 

 
Histoire Geologique
28-02-2008

 

Histoire geologique L’archipel des Mascareignes est formé de trois îles (Maurice, La Réunion et Rodrigues) dont l’histoire géologique est très proche, même si elles ne sont pas nées aux mêmes époques.

Tout d’abord Maurice il y a 8 millions d’années. Son édification est due, comme ses cousines La Réunion et Rodrigues, par l’émergence d’un volcan sous marin. La première phase volcanique de Maurice durera un million d’années et constituera la matière rocheuse de l’île. Environ 3.5 millions d’années plus tard va commencer une seconde phase pour Maurice qui durera 1.5 million d’années. Ensuite, deux millions d’années de sommeil qui se termineront par l’ultime phase volcanique assez courte qui façonnera l’île telle qu’on la connaît aujourd’hui.

Pour Rodrigues, la plus jeune des îles de l’archipel, tout commençera il y a environ 1.5 million d’années.

La Réunion est donc située sur l’échelle du temps entre Maurice et Rodrigues. Son histoire remonte à 3 millions d’années, et se découpera en quatre grandes périodes :

Tout d’abord, il y a donc 3 millions d’années, un volcan émergea de la surface de la mer. L’originalité de ce volcan est qu’il ne se situe pas à la rencontre de deux plaques continentales, comme cela est généralement le cas, mais au beau milieu d’une seule plaque, en l’occurrence la plaque continentale africaine. Le seul autre endroit au monde où existe également cette spécificité sont les îles Hawaï.
Il faut donc se rendre compte que La Réunion tel qu’on la voit et la connaît aujourd’hui, avec son périmètre de 70 km2 et ses hauteurs culminant à 3000 mètres, n’est que la partie visible d’un iceberg, soit d’un volcan de 7000 mètres de haut pour 190 kilomètres de diamètre !

La deuxième phase de la construction de La Réunion remonte à un peu plus de 1.7 million d’années. C’est lors de cette phase qu’est créé le relief propre avec les massifs montagneux.

La troisième phase débutera, après 100 000 ans de repos qui ont suivi la deuxième phase, il y a environ 300 000 ans. La caractéristique première de cette phase est que les éruptions volcaniques sont explosives, et que par conséquent les cendres provenant du Piton des Neiges vont être à l’origine de la plupart des reliefs. De plus, au sud de l’île apparaît alors un nouveau foyer d’éruption : le Piton de la Fournaise . Les deux massifs volcaniques vont donc couler et exploser en chœur et ainsi créer les cirques.

Après une période de repos très courte de 20 000 ans, la quatrième et dernière grande phase peut commencer. Les deux massifs volcaniques recommencent à cracher leur lave et ainsi façonner le territoire. Mais petit à petit le massif du Piton des Neiges va perdre de sa superbe pour finir par s’éteindre totalement il y a environ 70 000 ans. Le Piton de la Fournaise quant à lui ne s’est jamais véritablement arrêté, et continue par période plus ou moins rapprochée et également plus ou moins longue d’offrir quelques coulées.